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Choc Culturel Témoignage d’Emeline partie réaliser son rêve à Londres

February 24, 2015
William Besse Photography for The Cookie's room

William Besse Photography for The Cookie’s room

Suite à un bilan de compétences et une bonne remise en question, Emeline a décidé de tout quitter pour travailler dans le domaine qui lui plaît depuis toujours, la mode/musique/journalisme.

Pour quelle raison es-tu venue à Londres?

J’étais auparavant conseillère sociale et conseillère a l’emploi, j’ai beaucoup aide les autres, j’avais finalement envie de réaliser quelque chose pour moi-même. J’ai commencé par 6 mois à l’étranger grâce à un programme Européen en 2013 : 3 semaines de stages à Margate avec cours d’anglais puis un stage à Birmingham, et enfin un stage final à Londres, ce qui était mon objectif. Je ne suis finalement jamais revenue.

Était-ce difficile de partir ?

« Bien sûr ! J’aimais mon cocon, mon appart’, mes amis qui venais le weekend, mon travail et les relations que j’établissais avec les gens… Alors forcément partir n’est jamais simple! Tout ceci était bien confortable. Ce que l’on nous apprend c’est qu’il faut faire des études, obtenir un CDI, se marier et faire des enfants… Comme s’il n’y avais pas d’autres options. Mais ce n’est pas ce que tout le monde désire. J’ai vu que cela allait m’arriver. J’avais envie de plein de choses et je n’avais plus rien à perdre. 26 ans déjà, c’était maintenant ou jamais!

Comment as-tu vécu tes premiers jours / tes premières semaines ?

Pour être honnête, quand je suis partie c’était l’excitation, c’était le début, tout était beau, j’avais envie de tout plaquer.J’ai eu 3 semaines de cours d’anglais près de la mer, j’ai rencontré des gens sympas venir de toute l’Europe et j’étais hébergée dans une famille anglaise aux petits soins, c’était le rêve ! C’est après que j’ai déchanté! Lorsque je suis arrivée à Birmingham pour ma phase de stage, tout était gris, moche et les gens obsédés par l’argent, l’horreur du logement a été le choc. Après, je travaillais et écrivais dans un magazine anglais. Je me pinçais tellement c’était beau.

J’appelais souvent une amie française et je me suis accroche un peu. Je n’avais pas tout plaqué pour rien. J’ai ensuite fait un deuxième stage à Londres. L’activité et la créativité de la ville est débordante m’ont fait rester et cela malgré les prix exorbitant. Londres a une ouverture d’esprit incroyable ! Et surtout, on ne te demande pas d’être fils de président pour avoir ta petite expérience dans la mode ou l’Art !

Je devais revenir en décembre 2013. Je suis revenue à Noel, mais j‘ai pris un ticket retour pour Londres avec rien dans les poches, revenir en France me faisait encore plus peur. Je voulais essayer. J’ai dit : « Allez, je tente tout! ».

As-tu eu le mal du pays ? Si oui, comment y-as-tu fait face ?

Bizarrement, le mal du pays est arrivé tout doucement…Et par pics…À chaque fois qu’un gros coup dur m’est tombé dessus. Je me disais, je n’aurais jamais vécu cela en France et je ne pense pas être dans le faux. On a beaucoup de droits en France. Je suis fière d’être française et je reviendrai peut être en France, mais je suis une personne créative avec des rêves.

 Mettre un pied dans la mode, la musique, l’univers artistique en générale quand tu n’es pas né dedans, en France, c’est assez complexe. Avec un profil social, on va me dire : “vous rigoliez ma petite dame” !

Était ce difficile de s’adapter a la langue, culture idéologie ? Comment as, tu fais pour créer des liens (français et locaux) à Londres ?

 Alors à part être un peu perdue géographiquement, le reste est passé comme une lettre à la poste! Je parlais déjà bien Anglais et la culture anglaise me va très bien (surtout quand on parle cupcakes!). J’ai toujours eu cette attirance de culture londonienne depuis toute jeune.

Pour les liens sociaux, je me suis très vite mêlées aux Français et je me suis rendue compte que c’était pas forcément l’idéal donc j’ai participé a des évènements artistiques variés. En essayant de vaincre ma timidité, j’ai explosé mon Anglais. Il faut dire aussi que mon blog The Cookie’s room que j’ai fondé il y a 2 ans m’aide beaucoup. Je vais à des meetings, des conférences… j’apprends tout le temps!

Es-tu en contact avec des français a Londres ? Comment as, tu fais pour créer des liens (français et locaux)?

 Ça a été assez facile de rencontrer des français surtout via des groupes Facebook. En revanche, la qualité des rencontres n’était pas toujours au rendez-vous. Même moi qui suis tout de même coriace, je tiens à le dire, j’ai pense repartir plus d’une fois! Depuis, j’ai rencontré d’autres français qui semblent sérieux, j’espère qu’il s’agira d’une belle amitié. Et j’espère surtout rencontrer des gens qui créent quelque chose de concret ici…

 Mes emplois ne m’ont pas toujours aidés à créer des liens. Alors mes passions mode et musique via mon blog m’aident à rencontrer des professionnels, des adultes intéressants. J’aimerais également rencontrer plus d’entrepreneurs.

 Sinon, j’ai des amis indiens qui m’accueillent souvent comme une famille, je n’avais jamais vu cela auparavant. J’ai un ami qui m’a sauvé la vie en début d’année, qui m’a aussi recueilli chez lui quand je me suis trouvée dehors et ça, non  seulement ça n’a pas de prix mais je ne l’oublierai jamais. Il y a très peu de solidarité aujourd’hui alors quand vous rencontrez des gens comme cela, ça donne de l’espoir en l’avenir.

Comment as-tu vécu la distance avec ta famille ?

 J’aime ma famille et elle me manque. Mais on ne se voyait pas plus que ça quand j’étais en France, je vivais déjà loin depuis longtemps. Je me rapproche de certains, je m’éloigne d’autres… Nous vivons dans des mondes différents, c’est parfois compliqué de faire comprendre ce que je fais et même mes attentes dans la vie. Dans les petites villes de France, on te pose encore la question : “tu as un CDI? Tu as un appart’ a toi ? Tu as un compagnon? Tu vas faire des enfants là-bas ?” Comme ci tout ceci était une fin en soi… Cette pression sociale de la bonne vieille France de 1914! Je vis de petits boulots et je développe mon blog.

 Je pense que si je ne suis pas propriétaire pour le moment et que je n’ai pas de CDI, ce n’est pas un drame. Je n’ai pas le cancer ! J’ai eu tout cela en France, qu’est ce que je faisais de mieux? Rien ! Je n’ai pas choisi le confort, j’ai choisi de ne pas avoir de regrets avant de mourir.

Quand tu affrontes la rue, les employeurs manipulateurs et que tu te sors de ça pour ensuite pouvoir vivre tes rêves, te retrouver dans des évènements où ce que tu ressens comme bonheur est indescriptible, oui ce genre de question peut fait sourire…

Quels seraient tes conseils pour faire face au choc culturel ?

Ne pas se préparer. Si j’avais du me préparer a toutes les difficultés, si j avais su, j aurai eu peur et je ne serai jamais partie. Il faut préparer son voyage bien sûr et j’insiste sur l’aspect financier que j’avais sous-estimé (la différence est trop énorme) mais pas trop non plus, il ne faut pas trop y penser. Trop de stress n’aide pas à franchir le cap.

Tu rêves de le faire, fais le ! 

Quel moment a été le meilleur moment de ton expatriation?

 Le meilleur est peut être ce qui me retient: les rencontres que j’ai faites, des gens souhaitant collaborer avec moi sur le blog, qui me font confiance et croit en moi : des artistes, des chanteurs, des DJs, des designers, mes lecteurs, ces petits mails d’employeurs qui s’intéressent à mon profil. Ces idées qui fusent mais qui prennent du temps, ces events auxquels je participe…

Je me sens vivre ! Je suis moi- même!

C’est L’enfant qui est en moi qui s’émerveille! Ces petites choses qui me font dire que même sil y a encore des choses a travailler évidemment il y a un potentiel a exploiter. J’ai l’impression d’exister. Peut être que ça ne se fera pas ici, peut être que c’est juste un passage… Au moins, j’aurais essayé sans regrets & je pourrai dire: « I DID IT! »

 J’apprends aussi chaque jour sur moi même, mes capacités que je dédouble, je prends confiance en moi. On a qu’une vie et j’ai décidé de faire honneur à mes rêves d’enfant. Je ne suis pas parfaite, mais être en paix avec soi-même, c’est la plus belle chose à faire. Si on m’avait dit il y a 2 ans: « Ok , tu vas tout plaquer, tu vas vivre à Londres, rencontrer des DJs, aller à des fashion show, écrire en Anglais, devenir quasi bilingue… J’aurais dit ; “CEST CELA OUI!”

 Ce n’est pas facile tous les jours, je suis souvent seule face à d’énormes problèmes avec rien, mais toutes les choses qui valent la peine sont difficiles. “Nobody said it was easy

 Moralité?

Essayer, tomber, recommencer. Garder ses valeurs, son intégrité and Never say Never! Londres ou pas, il n’est jamais trop tard pour vivre ses rêves et non rêver sa vie.

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